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C’est le moment du rejet de tout, de la non
acceptation.
Les transformations physiques et psychologiques qui
s’ajoutent brutalement aux complexes déjà installés
des enfants obèses, sont fortement déstabilisantes, et
source d’un énorme malaise à prendre pouvoir sur son
corps, sur son mode de réflexion,. Si l’adolescent obèse n’est pas totalement épaulé
pendant cette période précise, il peut perdre les
pédales, et dans l’affolement, commettre des erreurs
de jugement sur sa perception de lui-même,
difficilement rattrapables. L’adolescence est aussi
comme toutes périodes transitoires de la vie,
excessive, emplie de fougue exacerbée, et de cette
notion un peu inconsciente, qu’on a rien à perdre,
puisqu’on ne vaut rien.
C’est le moment de la plus grande fragilité, de
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l’auto-destruction, de l’addiction, de la boulimie et
de l’anorexie.
Leur corps ne devient alors vivant que par le
remplissage ou le vidage, d’aliments concrets et
charnels, qui les apaisent ou les détruisent.
L’adolescence est aussi un moment de croissance ou le
corps a besoin d’un apport alimentaire riche et varié. |
C’est aux parents de se responsabiliser absolument
pour aider leurs adolescents à traverser ce moment
perturbant et difficiles.
C’est à eux de leur donner l’exemple d’une bonne
hygiène alimentaire, et de vie.
C’est à eux de leur apprendre l’amour d’eux-même, la
compréhension de leurs corps et de ses
transformations.
C’est le moment de la vie ou les parents doivent
accepter leurs enfants, à les respecter profondément, à les accompagner, pour leur insuffler ces notions qui
sont essentielles à leur survie.
Source : Madeleine GESTA "Le nouvel equilibre des femmes"
« Extrait du
carnet de
route »
Témoignage de
Sophie REVERDI
Pendant les années de lycée, je me souviens, d’une chose très
triste.
Je me disais toujours, aucun garçon ne te regardera jamais, personne
ne voudra de toi, et je pleurais en cachette lorsque je voyais
des jeunes gens se prendre par la main ou s’embrasser. Mais en
réalité, plus je me figeai dans cette idée-là, et plus je me rendais
compte, qu’il n’en était rien, et certains garçons s’intéressaientà moi. Il faut dire que j’étais devenue maître en auto dérision, ce
qui évitait aussi qu’on le fasse à ma place, et je faisais beaucoup
rire. Le jour de mon premier baiser, le garçon qui m’avait embrassé
me dit, juste après, que j’étais très belle; il rajouta même,
pneumatique, alors je fus très vexée, et retournant chez moi, je
regardais dans le dictionnaire.
Et non, ça ne voulait pas dire pneumatique comme« pneu Michelin», mais « souffle subtil » et je me dis que ce garçon était fort
instruit...
Sophie REVERDI
Témoignage
de Jana
VITEZOVA
Mais il y a eu aussi des moments où mon poids jouait en ma
faveur. Pendant toute la période de lycée, les profs me confiaient
les tâches qui demandaient une certaine responsabilité.
Je crois que j’inspirais la confiance. Ce volume c’était comme une
espèce d’énergie protectrice. Mes camarades de classe, eux-aussi,
lorsqu’ils avaient un problème à résoudre ou une solution à trouver,
savaient qu’ils pouvaient compter sur moi, que je les aiderais,
ou en tout cas, que je ferais tout pour.
Tout le monde sentait que cette notion d’humanité était bien ancrée
en moi. À cause de mon poids ? Ou grâce à mon poids ? Je
me suis souvent demandée si l’image de la bonne grosse fille, à
qui il ne pouvait rien arriver d’extraordinaire, puisqu’elle n’avait
rien d’extraordinaire, est rassurante pour les uns et les autres. Ou
alors la bonne grosse fille, solide et calme, sur laquelle le poids du
monde, peut se poser.
Jana VITEZOVA
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