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« Dans
chaque
obèse, il y
a un enfant
obèse » |
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Il y a chez les
enfants obèses,
en dehors d’un
terrain
génétique
favorable, un
point commun
très marqué. Les
Américains
appellent cela
Le CNC, ou «
confirmed
negative
condition ». Ces
enfants sont
très sensibles
aux souffrances
de leurs
proches, et à
celle de
l’univers, mais
aussi se sentent
et se
considèrent
comme les «
bergers gardien
» de leur
famille et du
reste du monde.
Ce sont des
humanistes de
premier
degré, qui
s’accablent et
se culpabilisent
de la souffrance
des autres. Ils
en arrivent à
l’abnégation
totale de leur
identité, à « se
» mettre
totalement de
côté, pour leur
mission et
oublient même
qu’ils existent.
Les enfants gros
portent sur leur
dos le malheur
du monde, et
leur surpoids,
n’est rien à
côté de cela.
Notre mission
aujourd’hui est
de rassurer ces
enfants, de les
aider à
retrouver leur
identité, de
leur
redonner
confiance, et
d’apprendre
aussi à leurs
parents, à
revisiter le
fonctionnement
de leur enfant.
Le mal être de
l’enfant obèse
reste aussi
ancré dans
notre
fonctionnement
d’adultes
obèses, et c’est
donc à la source
du problème
qu’il faut
revenir, pour
guérir.
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Extrait du carnet de
route »
Témoignage de Sophie
REVERDI

Chacun peut vivre son obésité de manière différente. Le regard et
le jugement des autres m’étaient insupportable.
Lorsque dans la rue un adulte, un enfant ou un groupe de gens
me dévisageait, j’avais envie de mourir. Parfois j’entendais même : «c’est dommage, avec un si joli visage » ou « mon dieu! »
Je ne supportais pas leur jugement même silencieux, leur perplexité devant mon volume.
La critique répétée de mon état, par des proches, qu’ils fussent eux-mêmes attristés par mon état ou pas, me persécutait. Je me
sentais totalement incomprise. On me répétait: Fais un effort,
c’est pour toi.Tu n’a aucune volonté, et tu n’arriveras à rien, tu
n’as aucune patience, tu es paresseuse, va faire du sport. Personne
ne voudra de toi. Mais tu nous désoles. Dire que ta mère était si belle à ton âge, quel gâchis!
La moquerie de tiers me rendait violente. Petite, je m’asseyais sur
les enfants qui se moquaient de moi, comme pour montrer qu’au
moins mon poids servait à quelque chose...
Il m’a fallu traverser nombreuses étapes dans cette souffrance,
pour arriver aujourd’hui à inverser la vapeur, et tendre la main.
C’est en cela que le poids du passé me sert aujourd’hui.
Sophie REVERDI
Témoignage de Jana
VITEZOVA
Enfant et adolescente, j’étais toujours sur le qui-vive. Mes
réponses aux moqueries étaient prêtes à l’avance, et toujours
bien plus insultantes que l’offense initiale. Mais il s’agissait en
tout cas d’un boulot à plein temps. Mais parfois, il m’arrivait
dans certaines situations de rester sans voix. Un de mes plus vifs
souvenirs d’enfant fut un jour, où en classe de gymnastique, la
maîtresse nous fit nous peser.
Lorsque mon tour arriva, elle dit à haute voix : Jana, 86 kilos,
et toute la classe en une clameur orchestrée répondit :Waouh. À
cet instant, j’aurais voulu disparaître sous la terre, mais comme
je suis dure à désarmer, quelques minutes plus tard, pendant un
tournoi de gymnastique, c’est moi qui ai gagné. Je crois que ce
combat que nous menons enfant nous force à devenir plus fort,
nous donne l’envie de prouver que, malgré tout, nous avons des
ailes, nous avons du courage, et des qualités. Il y a comme une
force qui me poussait à démontrer que j’étais quand même la
meilleure.
Jana VITEZOVA
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