L'AGE ADULTE


Si les traumatismes de l’enfant obèse se perpétuent et entachent de façon dramatique l’adolescence, ils ne sont pas moins présents à l’age adulte. La logique de la vie, ainsi que les normes de la société, font qu’un adulte soit en mesure de se marier et de se reproduire. Pour les obèses, se marier est un challenge supplémentaire, un pari impossible.

Vais-je réussir à séduire, à trouver un homme ou une femme qui me trouve désirable tel que je suis ? Et si l’on y arrive, ne nous sentons-nous pas d’avance en posture d’infériorié?
Au sein du couple, va se structurer une organisation, une logique de vie, des habitudes, la répartition des tâches quotidiennes, les prises de décision. L’obèse, aura tendance à vouloir compenser, à se sous-positionner, à accepter sans rechigner toutes les exigences de son conjoint, et par ce fait s’auto-dégrader aux yeux de tous. De l’image qu’il a de lui-meme, sera redéfinie la nouvelle image de lui au sein du couple. Il finira par convaincre son conjoint de son manque d’amour envers lui-même, et découleront de cette problématique des situations totalement faussées et d’immenses souffrances.
La réalité est que nos conjoints ne sont pas responsables, de notre vision de nous même de notre auto-évaluation. Nous sommes les seuls maîtres à bord. Nos enfants, ne seront jamais leurrés, ils nous connaissent et connaissent notre vérité, ils sont par contre souvent dans l’incapacité de gérer ces situations, et en sont totalement accablés. Nos souffrances sont les leurs, car ils nous aiment de manière inconditionelle. C’est notre devoir de parents de nous aimer, et de rétablir la vérité et la potentialité de nos êtres. Il s’agit non seulement de notre guérison mais de celle de tout notre univers familial. Notre amour de nous-même est notre seule et unique responsabilité, mais aussi notre devoir envers ceux qui nous aiment.

« Extrait du carnet de route »

Témoignage de Sophie REVERDI

J’ai beaucoup parlé de mon couple, mais je voudrais parler de mes enfants. On ne peut pas leurrer ses enfants, car eux nous aiment, nous connaissent et nous perçoivent intrinsèquement. Je dirais qu’ils nous connaissent mieux que nous-mêmes. Ils ont vécu en nous, et connaissent nos réactions, nos émotions, et notre âme aussi. Ils savent qui nous sommes, et je l’ai vu dans leurs yeux dès leur naissance. Mes enfants, lorsqu’ils me parlaient, parlaient à mon vrai moi, et lorsqu’ils me voyaient, ne voyaient rien d’autre que mon âme, et c’est toujours à cette vraie personne en moi qu’ils s’adressaient. Ils m’ont vu souffrir, ils m’ont vu essayer, ils m’ont vu tricher, me cacher, donner une mauvaise image de moi, mais ils avaient confiance en moi, et ils savaient qu’un jour ils récupèreraient leur mère débarrassée de ces boulets qu’elle traînait, hors du chaos, dans la légèreté et la vérité de son être. Comme ils avaient raison! Mais moi, je ne trouvais pas la force en moi; je ne savais pas comment procéder, et mes souffrances augmentant, je me jetais sur la nourriture, et je ne sortais plus. Un jour mes fils sont venus dans mon lit où je pleurais, et ils m’ont dit que j’étais belle, et la plus gentille des mamans, et qu’il ne fallait pas que je pleure. Je ne l’oublierai jamais.

Sophie REVERDI

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