La première épidémie non contagieuse


En France, l'obésité ne cesse de progresser. La dernière enquête nationale ObEpi, réalisée en 2003 par l'Institut Roche de l'Obésité avec la Sofres, et en collaboration avec l'Inserm et l'Hôtel Dieu de Paris, révèle que l'obésité et le surpoids continuent de progresser en France depuis 1997.
La proportion des personnes en surpoids ou obèses a progressé de 36,7% à 41,6% entre 1997 et 2003, soit une augmentation de 13%. Sur la même période, les Français ont grossi de 1,7 kg en moyenne, et l'obésité massive (ou dite morbide) a doublé.


De plus en plus d'enfants sont touchés ( 19% en France). Après 65 ans, la prévalence de l'obésité est la même chez les hommes comme chez les femmes (autour de 15%). La France compte plus de 5,3 millions de personnes adultes obèses et 14,4 millions de personnes en surpoids (Enquête emploi Insee 2002, personnes âgées de 15 ans et plus). L'obésité est un problème de santé publique et touche toutes les tranches d'âge et toutes les professions.

En France où 16 % des 6-15 ans présentent un excès pondéral (contre 5 % en 1980), dont 3,8 % d'obèses , l'obésité est qualifiée d'"épidémie" par l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). Obtenues de haute lutte face à la pression de l'industrie agroalimentaire, deux mesures, inscrites dans les articles 29 et 30 de la loi du 9 août 2004 relative à la politique de santé publique, devraient bientôt être appliquées.

L'AOA (Asso. Américaine de l'obésité), l'INSERM et l'INS (Instit. Nle de la santé) ont lancé un cri d'alarme contre la stupéfiante progression de l'obésité dans le monde, en particulier celle des enfants. Aujourd'hui en France 1 enfant sur 10 est obèse à l'âge de 10 ans, soit le double que dans les années 80. Chez les enfants de 6 à 12 ans on en compte 10 à 12%. On estime que si l'obésité apparaît déjà avant la puberté, son taux de persistance à l'âge adulte sera de 20 à 50% et de 50 à 70% si l'obésité survient après la puberté.

Mais l'obésité n'est pas seulement un problème qui touche les USA et la France, il touche tous les pays riches et se répand comme une épidémie dans tous les pays en voie de développement à moyen ou faible revenu, où la "transition économique" génère une "transition nutritionnelle", c'est à dire une modification des habitudes alimentaires, la baisse de l'activité physique et la qualité déplorable des aliments, (la mal-bouffe industrielle et agroalimentaire). Trop de graisses, de sucres, de calories et pas assez d'exercice physique.

Dans le monde L'obésité est considérée comme une épidémie par l'OMS (Organisation Mondiale de la Santé). Dans le monde, 300 millions d'adultes sont en surcharge pondérale et, pour la majeure partie d'entre eux, souffrent de pathologies liées à leur poids. Le tiers des personnes en surpoids vivent dans les pays en voie de développement.

11 NOVEMBRE 2004 | GENEVE -- On estime que, dans le monde, l'obésité ou la surcharge pondérale concernent plus de 22 millions d'enfants de moins de cinq ans, dont plus de 17 millions dans les pays en développement. Comme l'indiquent l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et la Fédération Internationale du Diabète (FID), chacun de ces enfants présente un risque accru de développer un diabète de type 2 (appelé également diabète de l'adulte ou diabète de la maturité).

"La lutte contre l'obésité de l'enfant est un moyen très efficace pour prévenir le diabète dans le futur", explique le Dr Catherine Le Galès-Camus, Sous-Directeur général à l'OMS de Maladies non transmissibles et santé mentale, à quelques jours de la Journée mondiale du Diabète, le 14 novembre 2004.

On estime que, dans le monde, 10 % des enfants d'âge scolaire, entre 5 et 17 ans, ont une surcharge pondérale ou sont obèses et la situation s'aggrave. Aux Etats-Unis par exemple, la fréquence de l'obésité et du surpoids chez les enfants et les adolescents de 6 à 18 ans est passée de 15 % dans les années 70 à plus de 25 % dans les années 90.

De telles augmentations ne sont pas l'apanage des pays développés. En Chine, on a observé dans une étude que la fréquence de la surcharge pondérale et de l'obésité chez l'enfant d'âge scolaire en milieu urbain est passée de près de 8 % en 1991 à plus de 12 % six ans plus tard. Au Brésil, la proportion d'enfants de 6 à 18 ans obèses ou en surpoids a plus que triplé : de 4 % au milieu des années 70 à plus de 13 % en 1997.

L’OBÉSITÉ DANS LE MONDE

PAYS
HOMMES (BMI > 30)
FEMMES (BMI > 30)


 Angleterre (1995)
H 15 %
F 16 %

 Allemagne (1995)
H 17 %
F 19 %

 France (1997)
H 8 %
F 9 %

 USA (1995)
H 19,7 %
F 24.7 %

 Japon (1993)
H 1,7 %
F 2.7 %

 Suisse (1994-1995)
H 6,1 % (33 % BMI 25-29)
F 4.7 % (17 % BMI 25-29)

L'obésité a augmenté de 10 à 40% dans tous les pays européens en 10-15 ans, il faut noter que cette augmentation est plus nette chez les jeunes. 20% des enfants sont obèses à 1 an et 60 % des adolescents obèses deviendront plus tard des adultes obèses (le risque est accru si un des parents est obèse). Le coût de l'obésité en France représente 4 % des dépenses de santé en 1995 (4 % aux Pays-Bas, 6% aux USA), et est depuis en constante augmentation !

Quelques chiffres : En Chine, 12% des femmes et 10% des hommes sont obèses, en Malaisie c'est 3 hommes sur 10, au Mexique 23% de la population est obèse et 58% en surpoids; en Égypte il y'a 35% d'obèses, Samoa 50% de la population ; au Koweït 32% des hommes et 40% des femmes ; Arabie Saoudite 16% d'homme et 24% de femmes. En fait L'Obésité touche 1,1 milliards de personnes dans le monde, dont 16 millions de Français trop gros parmi lesquels plus de 3 millions d'obèses.

Transition nutritionnelle et obésité

L'obésité dans le monde en développement est le résultat d'une série de changements liés à l'alimentation, à l'activité physique, à la santé et à la nutrition, regroupés sous le nom de 'transition nutritionnelle. À mesure que les nations pauvres gagnent en prospérité, elles acquièrent certains des avantages mais aussi des problèmes des pays industrialisés, dont l'obésité.

Le prix d'un mauvaise alimentation

Les personnes souffrant d'une insuffisance ou d'un excès pondéral ont toutes deux des niveaux élevés de maladie et d'infirmité, une durée de vie plus courte et une productivité réduite. L'obésité accroît le risque de maladies chroniques comme le diabète, l'hypertension, les maladies cardio-vasculaires, les maladies de la vésicule biliaire et diverses formes de cancer.

Et le monde en développement risque d'avoir la part du lion dans ce nouveau fardeau de maladies. Par exemple, le nombre de gens souffrant de diabète lié à l'obésité devrait doubler et passer à 300 millions entre 1998 et 2025 -- pour les trois quarts dans le monde en développement. Pour les nations dont les ressources économiques et sociales sont déjà mises à rude épreuve, le résultat pourrait être catastrophique. Le coût social de l'obésité

Socialement, il est également prouvé que les personnes en surpoids souffrent d'une discrimination à l'embauche. De nombreux employeurs hésitent en effet à confier des responsabilités à quelqu'un - en particulier une femme - qui « n'a pas assez de volonté pour garder une ligne normale » et se laisse aller à grossir. Et les sociologues constatent que le mariage fonctionne comme une gare de triage qui projette les femmes obèses au bas de l'échelle sociale parce que les riches ne veulent pas d'elles.

Autre inégalité : les classes défavorisées sont les plus touchées par l'obésité, car bien se nourrir coûte cher.

D'un point de vue sanitaire, ensuite, l'obésité est en passe de devenir, selon la Fédération mondiale du coeur, le principal facteur de risque de maladies cardio-vasculaires et de maladies associées. D'ores et déjà, en France, 55 000 décès sont liés chaque année au surpoids ou à ses conséquences.